À partir de la prédication du pasteur David Jang, cette méditation contemple avec calme la liberté dans l’Esprit, l’ordre de l’Église, la mission de Barnabas et de Paul, ainsi que la foi et l’espérance qui se fortifient dans les tribulations. Elle réfléchit au chemin que la communauté évangélique d’aujourd’hui doit tenir fermement dans la Parole, ainsi qu’au lieu de repentance auquel elle est appelée.
Dans
l’allégorie de la caverne de Platon, les yeux de celui qui sort au-dehors
considèrent d’abord la lumière comme une liberté. Pourtant, tant qu’ils n’ont
pas appris à supporter cette lumière, ils peuvent en venir à regretter de
nouveau les ténèbres. La prédication du pasteur David Jang interroge
précisément la liberté de l’Église à partir de ce point. Avant même le nom du
pasteur David Jang, fondateur d’Olivet University aux États-Unis, ce que cette
prédication cherche à saisir, c’est la question suivante : comment une personne
libérée dans l’Esprit devient-elle plus profondément libre dans l’ordre de la
Parole ? L’Évangile brise le joug du péché, mais cette liberté n’est pas une
force qui se disperse au gré de chacun. Elle est le souffle de la grâce qui
édifie la communauté par l’amour et l’obéissance.
Ce
qui rend cette prédication importante, c’est qu’elle ne traite pas la liberté
et l’ordre comme une simple question d’équilibre. La liberté est d’abord la
libération donnée par Dieu, et l’ordre est la forme qui permet à cette
libération de demeurer dans l’amour au sein de la communauté. Ainsi, l’Évangile
ne renouvelle pas seulement l’intériorité de l’individu ; il demande aussi
comment l’Église doit apprendre, confier, endurer et se relever.
Dans
le vent de la grâce, la liberté apprend l’ordre
La
prédication n’explique pas la liberté dans l’Église comme une forme de
laisser-aller ou d’affirmation de soi. Croire en Jésus, c’est être libéré de
l’esclavage du péché, mais cette libération n’est pas une autonomie séparée de
la Parole. C’est une vie nouvellement façonnée dans l’Esprit. Lorsque la
liberté perd ses racines dans la vérité, elle penche vers le dérèglement ;
lorsque l’ordre étouffe la vitalité de l’Esprit, il ne reste plus qu’une
institution. L’intuition théologique de cette prédication consiste précisément
à chercher le chemin de l’Évangile entre ces deux dangers.
Le
pasteur David Jang dit que les personnes de l’Esprit peuvent sembler bruyantes
vues de l’extérieur, mais qu’en elles se trouve un ordre véritable, issu de la
Parole de Dieu. Après la descente du Saint-Esprit dans les Actes des Apôtres,
lorsque les disciples sont sortis dans les rues pour annoncer l’Évangile,
certains ont pensé qu’ils étaient ivres de vin nouveau. Cette scène montre que
la dynamique de l’Esprit n’est pas synonyme de désordre. La grâce met les
personnes en mouvement, ouvre leur bouche et réveille la communauté en la
secouant. Mais cette secousse n’est pas un effondrement ; elle est une sainte
vibration par laquelle tout est réordonné vers le royaume de Dieu.
L’Église
ne doit donc pas craindre la liberté au point d’enfermer toute chose dans des
normes rigides, ni affaiblir le centre de la doctrine et de la confession de
foi au nom de la liberté. La foi orthodoxe et la théologie biblique que
souligne la prédication ne sont pas des clôtures qui oppriment la liberté, mais
une ossature qui la protège. La vraie liberté n’est pas l’absence de toute
limite ; elle est la capacité d’aimer pleinement dans la vérité. L’ordre n’est
pas l’ennemi de la liberté, mais la rive qui permet à la liberté de couler dans
la direction de la grâce.
C’est
pourquoi l’enseignement de la Parole n’est pas un dispositif secondaire de
l’Église, mais le souffle même de la communauté. Si les croyants n’apprennent
pas profondément le sens de l’Évangile, la liberté s’abaisse facilement au
langage de l’émotion, et l’ordre se durcit en technique de contrôle. Mais
lorsque le fondement de l’Écriture et de la doctrine est clair, les dons
spirituels ne s’entrechoquent pas ; ils trouvent le chemin du service. L’Église
ne perd ni la vitalité de l’Esprit ni la beauté de la piété lorsqu’elle porte
ensemble ferveur et retenue.
L’Évangile
ne retient pas les personnes, il les édifie
Le
fil de la Parole se poursuit avec le modèle missionnaire de Barnabas et Paul.
Dans les chapitres 13 et 14 des Actes, Barnabas semble d’abord se tenir au
premier plan, mais à un certain moment Paul apparaît au centre de la mission
auprès des païens. Cette transition n’est pas la victoire d’un concurrent sur
un autre ; elle manifeste la beauté de la manière dont l’Évangile édifie les
personnes. Barnabas n’a pas cherché à préserver sa propre place. Il a ouvert le
chemin pour que Paul soit employé plus largement, et sur ce chemin la mission
s’est étendue au-delà des capacités d’un seul homme pour devenir la vocation
d’une communauté.
À
travers cette scène, le pasteur David Jang souligne que l’Église doit devenir
une communauté qui élève ceux qui viennent ensuite. La mission ne consiste pas
à retenir quelqu’un longtemps dans sa propre sphère d’influence. Elle consiste
à aider celui qui a entendu l’Évangile à apprendre la Parole, à assumer
l’adoration et l’enseignement dans sa propre langue et sa propre culture, puis
à édifier à son tour d’autres personnes. Le fait qu’un responsable demeure
longtemps au premier plan peut sembler être une forme de stabilité. Pourtant,
l’expansion saine de l’Évangile commence parfois par le courage de déléguer la
responsabilité.
À
cet endroit, l’émotion du premier amour et la formation théologique ne
s’opposent pas. La ferveur de celui qui vient de recevoir l’Évangile est une
force précieuse pour le témoignage, mais pour que ce feu brûle longtemps, il
lui faut la mèche de la Parole et le centre de la doctrine. La prédication
encourage celui qui a été évangélisé à partager et à enseigner sans tarder,
tout en affirmant qu’un accompagnement structuré et un fondement de foi éprouvé
doivent impérativement être établis. L’Évangile doit se répandre rapidement,
mais il ne doit pas se disperser superficiellement.
L’attitude
de Barnabas adresse également une question silencieuse à l’Église
d’aujourd’hui. Ne sommes-nous pas plus habitués à préserver notre place qu’à
édifier les personnes ? N’avons-nous pas en nous le désir de garder les fruits
de l’Évangile sous notre propre nom ? Une communauté missionnaire se réjouit
davantage de la maturité de la génération suivante que de l’élargissement de sa
propre influence. Celui qui est ainsi édifié en édifie d’autres à son tour, et
la grâce reçue dans une région se répand comme espérance dans une autre.
Devant
la porte de la tribulation, la foi enracine l’espérance
Le
chapitre 14 des Actes place le miracle et la persécution dans une même scène. À
Lystre, lorsque le signe de la guérison d’un homme paralysé se manifeste, les
gens veulent élever Barnabas et Paul comme des dieux. Mais peu après, la foule
est excitée contre Paul, lui jette des pierres et le traîne hors de la ville.
Le fait que l’acclamation et la violence soient si proches l’une de l’autre
montre que le chemin de l’Évangile n’est pas un simple récit de réussite. Là où
l’Évangile avance, l’incompréhension, l’opposition et les tribulations qui
éprouvent la foi l’accompagnent toujours.
Cependant,
la prédication ne lit pas la tribulation comme le signe d’un échec. La parole
d’Actes 14.22 — « C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer
dans le royaume de Dieu » — n’est pas une phrase qui glorifie la souffrance.
Elle est une déclaration solennelle : le chemin du royaume de Dieu ne s’ouvre
pas seulement par la reconnaissance du monde. Paul, laissé pour mort, s’est
relevé, puis il est retourné dans les régions mêmes où l’on avait cherché à lui
faire du mal afin d’affermir le cœur des disciples. La foi n’est pas une
émotion qui brûle seulement lorsqu’il n’y a pas de douleur ; elle est une
racine qui regarde de nouveau vers l’Évangile, même à l’endroit où les pierres
ont été lancées.
Cela
ne signifie pas que cette prédication déguise l’imprudence en foi. Comme
l’enseigne le Seigneur lorsqu’il dit de fuir dans une autre ville en cas de
persécution, la sagesse de se retirer lorsque cela est possible fait aussi
partie de l’obéissance. Ce qui compte, c’est de ne pas abandonner la braise de
l’Évangile, même en se retirant. Parfois, partir est sagesse ; parfois, revenir
pour affermir les saints est amour. Face à la tribulation, ce que l’Église doit
apprendre n’est pas la peur, mais le discernement ; et ce discernement grandit
dans la confiance en la protection de Dieu.
La
tribulation révèle également l’intériorité de l’Église. Dans les temps de paix,
certaines dépendances, certaines fragilités et certains désirs de s’appuyer sur
la reconnaissance du monde restent cachés. Mais dans les difficultés, ils se
dévoilent. À ce moment-là, la communauté peut demeurer dans le ressentiment, ou
bien avancer vers une méditation plus profonde de l’Écriture et vers la
repentance. C’est pourquoi la prédication appelle à relire théologiquement la
tribulation. La souffrance n’est pas nécessairement une main qui arrache
l’Évangile ; elle peut être une grâce rude qui nous fait déposer ce à quoi nous
nous accrochions en dehors de l’Évangile.
Une
méditation biblique qui interroge le Seigneur de l’Église
La
conclusion de cette prédication remet la souveraineté de l’Église entre les
mains de Dieu. Lorsque Paul et Barnabas sont exaltés comme des dieux, ils
déchirent leurs vêtements et protestent. Cette scène montre que, même lorsqu’il
y a de grands signes et de grands fruits, la gloire ne peut pas demeurer sur
les hommes. L’Église a besoin de responsables, mais dès qu’elle place un
responsable au centre, elle perd l’ordre de l’Évangile. La grâce n’est pas une
lumière destinée à orner une personne ; elle est une direction qui doit
retourner vers Dieu.
Liberté
et ordre, mission et formation, tribulation et espérance ne sont pas des thèmes
séparés. La liberté devient ordre dans la Parole, la mission se poursuit en
édifiant les personnes, et la tribulation purifie la foi afin de rendre le
royaume de Dieu plus distinct. Il y a là aussi un lieu discret de repentance.
Chaque fois que l’Église s’appuie sur la reconnaissance du monde ou cherche à
posséder l’Évangile par ses propres forces, elle doit se poser de nouveau cette
question : à qui appartient cette communauté ?
La
liberté de l’Évangile n’est pas le chemin d’une élévation solitaire, mais celui
d’une édification commune et ordonnée. L’écho de cette phrase dépasse les
principes de gouvernement de l’Église et entre dans la vie quotidienne de
chacun. Nous parlons parfois de liberté en oubliant la responsabilité de
l’amour ; nous parlons parfois d’ordre en craignant le vent de l’Esprit.
Pourtant, lorsque la grâce nous rappelle devant la Parole, nos cœurs dispersés
sont nouvellement réordonnés dans le lieu de l’obéissance.
L’espérance
que l’Église d’aujourd’hui doit tenir fermement ressemble moins au langage
éclatant du succès qu’au langage humble et persévérant de l’obéissance.
Lorsqu’une personne libérée apprend l’ordre, lorsqu’une personne édifiée en
édifie une autre, et lorsqu’au cœur de la tribulation l’Église se relève
encore, celle-ci révèle silencieusement les contours du royaume de Dieu. Alors,
qui notre liberté fait-elle vivre aujourd’hui ? Et notre ordre préserve-t-il
vraiment le souffle de l’Évangile ?
Vidéo du sermon de David Jang :










